Traversée des Alpes 2017 par la Via Alpina

20 septembre 2017

Repos numéro 9 (et dernier) à Chiesa : le 20 Septembre

Chiesa est un petit village de la Valle Varaita faisant partie de la commune de Bellino connue pour ses cadrans solaires (il paese delle Meridiane). Il y en a 37 sur la commune dont voici quelques spécimens (photos). C'est aussi une des vallées occitanes du Piémont où l'Occitan est parlé à côté de l'Italien et du Piémontais. Elle communique avec la France par le col Agnel (vallée du Queyras), un des cols les plus hauts des Alpes (2744 m). Anne Marie l'a d'ailleurs emprunté hier pour nous rejoindre puis nous accompagner pendant les derniers jours de notre traversée, non sans inquiétude de notre Gérard car hier il y avait de la neige à partir de 2000 m. Après que nous ayons vu, lors de notre passage à Pontechianale, la "saleuse" prendre la route du col il était rassuré. Anne Marie est donc arrivée sans encombre hier soir, le coffre plein de victuailles, de bâtons de rechange et même avec quelques médicaments pour remplacer ceux qui avaient été consommés (merci à elle et aussi à Mauricette qui a contribué à cet approvisionnement "en vol"). Nous ne risquons pas de manquer de nourriture pendant ces derniers jours.
Aujourd'hui nous avons eu des activités classiques de jour de repos avec une grande lessive pour tous, nécessaire après ces journées passées en haute montagne et facilitée par un temps radieux propice au séchage. Nous n'avons pas non plus dérogé à la traditionnelle promenade en claquettes dans les rues de Bellino (photo dans le hameau de Chiazale), sauf Marco qui a oublié les siennes dans un refuge. Les maisons en pierre rassemblées autour de la vielle église (photo) ont beaucoup de cachet (photo) et sont en parfaite harmonie avec les couleurs automnales que commencent à prendre la montagne (photo). Les autres activités de cette journée de repos sont la communication avec nos familles, moment précieux, et la préparation des lieux d'étape des jours à venir : réservation du refuge de Gardetta, ouvert à notre grand soulagement car il évite un bivouac à 2400 m un peu délicat par ce temps froid, réservation dans l'auberge du Pont Vieux à Sospel oú seront également nos 3 accompagnatrices de fin de parcours. Pour les courses des jours à venir, nous trouvons tout ce qu'il nous manque (jambon et fromage) à la Trattoria del Pelvo qui fait aussi épicerie. Un dernier mot sur la trattoria del Pelvo, tenue par deux générations de femmes (la mère et ses deux filles), c'est vraiment une excellente adresse tant pour l'accueil que pour la nourriture à base de légumes du jardin (fenouil, côtes de blettes) et de produits locaux.
Voilà pour cette dernière journée de repos oú nous avons retrouvé le soleil et on l'espère quelques forces pour finir en beauté cette magnifique aventure.
Venons en maintenant aux points divers :
- Même si la communication a été balbutiante durant cette dernière semaine du fait de nos séjours en altitude, vous êtes toujours fidèles et c'est un grand plaisir pour nous
- Nous resterons vigilant et ferons bien attention à la dernière marche et surtout à ne pas glisser sur une épluchure de concombre (lequel se croit encore dans l'ombre mais son masque est devenu très transparent)
- L'ami des bêtes n'oubliera pas de saluer Pépette dont on voit qu'elle manque beaucoup à Didier après son aventure éphémère mais intense de l'année dernière
Bilan technique des 73 premières étapes (et 9 jours de repos) : longueur : 1776 km, D : 100100 m, D- : 98725 m, temps réalisé : 522 heures et 32 mn, nombre de visites sur le blog : 5007
A demain pour de nouvelles aventures sur la Via Alpina

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19 septembre 2017

Étape 73 : Rifugio Valenta - Chiesa : 19 septembre

Une soirée au refuge Valenta placée sous le signe du froid car à l'intérieur les grands volumes du refuge ne permettent pas le réchauffement par la chaleur humaine et les chauffages électriques ne fonctionnent pas et à l'extérieur la brume froide descendant le long des parois du Mont Viso est sur nous. Le repas en compagnie de Francesca et Philip est quand même très apprécié bien que le menu soit toujours le même en bivouac : soupe, nouilles chinoises, saucisson, fromage. L'extinction des feux est à 19h30, chacun ayant sa technique pour se protéger du froid mais nous redoutons tous les levers nocturnes car il n'y a pas de wc dans le refuge et c'est dehors que ça se passe avec un escalier extérieur en fer à descendre sur 2 étages. Pour arranger le tout, au début de la nuit il neige puis dans le courant de la nuit un fort vent du Nord se lève, chasse les nuages mais rafraîchit encore l'ambiance. Ce matin tout est blanc (photos) et l'atmosphère est polaire, heureusement nous descendons et espérons trouver la chaleur un peu plus bas. Du coup la descente est rapide et à 9h00 nous sommes en vue de Pontechianale (photo) mais ce n'est toujours pas la grande chaleur, nous courons nous mettre au chaud dans un café et faire quelques courses pour midi. Après 2 jours de trou noir dûs à la traversée du massif du Viso, je peux enfin publier le blog des jours précédents, cela prend un peu de temps car la connexion n'est pas excellente mais incidemment cela permet à tous de se réchauffer. Nous repartons à 11h00 vers le col de Battagliola (2284 m). Dans le village les bovins, descendus de la montagne, sont rassemblés pour être embarqués dans des camions vers leurs lieux de séjour d'hiver. Mais c'est l'heure de notre rubrique "l'ami des bêtes" car Francis toujours fidèle à sa réputation rencontre un joli poney qui l'apprécie énormément (photo). La montée se déroule sans problème et permet d'avoir des vues sur le massif du Viso (photo et photo panoramique) et du Viso lui même (photo), puis sur le Pain de Sucre, sommet caractéristique de 3200 m (photo) que certains d'entre vous connaissent bien pour l'avoir gravi. En haut du col nous avons une vue aérienne sur Pontechianale (photo) et nous nous faisons photographier devant le Viso au Nord (photo) et devant le Monte Pelvo d'Elva, sommet spectaculaire de 3064 m au Sud (photo). C'est l'heure du casse-croûte et à l'abri du vent c'est tout à fait faisable, puis c'est la descente express vers Chiesa oú il nous faut arriver de bonne heure pour accueillir Anne-Marie qui doit nous y rejoindre. Le village regroupé autour de son église a beaucoup de charme (photo), la Tratoria del Pelvo, tout en haut du village, est un lieu parfait pour notre journée de repos, nous y sommes à 15h00 et avons le temps de nous doucher avant l'arrivée .....d'Anne-Marie. Cela fait le plus grand bien après 3 jours de haute montagne éprouvants de part les conditions météo
Voilà pour cette journée, d'avant repos.
Données techniques : longueur : 16,7 km, D : 750 m, D - : 1715 m, temps réalisé : 4h32 mn/OR: VA2017-4-10 

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Étape 72 : Rifugio Granero - Rifugio Valenta via le vallon de Ristolas : 18 septembre

Hier soir nous avons dû prendre de l'eau dans le lac à Granero car il n'y avait rien d'autre. Nous avons mangé de bonne heure en effet il ne faisait que 12 degrés dans le refuge et la préparation du repas réchauffe l'atmosphère. A 20h00 tout le monde était couché avec duvet plus les couvertures du refuge. Avec cet équipement nous n'avons pas eu froid et avons bien dormi bien que la température ne soit que de 6 degrés au réveil à 7h30. La préparation du petit déjeuner a permis de réchauffer le refuge et les corps (photos). Comme hier nous avons décalé le départ car l'ascension du col de Seillière (2845 m) est sur un versant Nord partiellement enneigé. Au fur et à mesure que nous montons (cf photo de Francis avec son unique bâton) la vue se dégage et nous pouvons voir tous les sommets du Queyras évoqués hier (photo avec de gauche à droite : la Tête du Pelvas, le Grand Glaiza (au fond), le Bric Froid et le Bric Bouchet). A l'arrivée au col de Seillière il y a de la neige (photo de Marco sur les derniers mètres) et il fait froid (photo des 3 via alpinistes) mais on peut apercevoir le Mont Viso dans les nuages (photo). La descente est sur le versant français dans le vallon du village de Ristolas, il n'y a pas de neige et il fait moins froid, nous prenons le temps de faire des photos du Viso (photos) qui est vraiment imposant. Maintenant c'est le moment de notre rubrique "l'ami des bêtes". Souvenez vous il y a eu Francis avec les mulets, Francis et les Aurochs, Francis et les ânes, hier c'était Francis et le bouquetin et bien aujourd'hui la rubrique s'enrichit car Francis a rencontré la marmotte du Mont Viso (photo), une vieille connaissance qu'il a toujours du plaisir à venir saluer. Après cet épisode, le deuxième col se présente devant nous avec au pied le très joli lac Lestio (photo), il s'agit du col Valente (Valenta en Italien) d'une altitude proche du précédent (2838 m) mais un peu plus enneigé. Gérard arrive au sommet (photo) alors que quelques flocons commencent à tomber, nous sommes au pied du Viso mais il est à peine visible (photo). Compte tenu des conditions météo nous décidons de décaler notre casse-croûte et d'aller le prendre au refuge Valenta (photo), notre objectif du jour. Dans la descente le Viso se dégage un cours instant, le temps d'une photo (photo). Le refuge Valenta est très confortable (photo) et très grand et il y a de l'eau dans une fontaine au pied de laquelle se forme des stalactites (photo). À notre arrivée nous sommes accueillis par deux Suissesses (faisant le tour du Viso) qui finissent leur repas et regrettent de devoir nous abandonner pour aller au refuge du Viso, tellement nous sommes sympathiques.... Dans l'après-midi deux jeunes allemands (Fransesca et Philip) qui font le tour du Viso nous rejoignent, nous faisons connaissance (photo).
Voilà pour cette journée en altitude (nous ne sommes pas descendus en dessous de 2400 m) au cœur du massif du Viso.
Données techniques : longueur : 12,7 km, D : 935 m, D - : 855 m, temps réalisé : 4h03 mn/OR : VA2017-4-09 

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Étape 71 : Rifugio Lago Verde - Rifugio Granero par le Colle Valpreveyre : 17 septembre

 

C'est une journée spéciale qui s'annonce d'abord parce que c'est notre premier passage en France depuis notre départ et puis parce que ces montagnes sont pleines de souvenirs pour moi.
Mais revenons à notre soirée à Lago Verde car c'était la dernière de la saison pour le refuge qui a fermé le 17 septembre. Angela et sa famille (nombreuse) nous ont choyés dans une ambiance chaleureuse où en plus de nous il y avait 3 italiens et 4 suisses. Le gardien très sympathique est venu discuté avec nous et a été épaté par notre projet, il a pris l'adresse du blog. La nuit au chaud dans le duvet et sous les couvertures a été bonne malgré la température extérieure très froide.
Ce matin nous avons décalé le petit déjeuner car la montée au col de Valpreveyre (2725 m) s'annonce délicate, il est complètement enneigé et en face nord donc il risque d'y avoir de la glace. Nous partons finalement à 8h00 en conditions quasi hivernales (gants, bonnet, 3 couches), le sentier est couvert de neige, il faut faire attention mais ça ne glisse pas trop (photo). Nous sommes encore à l'ombre mais la vallée plus bas est ensoleillée (photo). Le haut du col est plus escarpé mais moins enneigé (photo), nous y sommes rapidement car le dénivelé n'est que de 200 m depuis le refuge, nous sommes en France mais on ne voit rien car il y a du brouillard et il fait très froid (photo).
A ce stade vous me pardonnerez un petit aparté personnel et familial car cette incursion dans le vallon de Valpreveyre (photo) est une immersion dans la montagne de mon enfance. C'est là qu'à 10 ans avec toute la famille j'ai gravi mes premiers sommets, même s'ils ne sont pas visibles aujourd'hui, ils sont tous intacts dans ma mémoire tous ces 3000 m que mon père nous a fait grimper : le Bric Froid, le Grand Glaiza, le Grand Queyras. Et puis miracle, le plus emblématique de tous, celui qui a nécessité une corde en chanvre à la 2em tentative pour le passage de l'œil (cyclopéen dans ma mémoire) est là, bien visible avec le col d'Urine (c'est bien son nom) sur sa droite (photo). Après cette séquence émotion, passons à une séquence naturaliste. En effet après avoir repassé la frontière au col du Bouchet (photos), nous découvrons juste en-dessous du bivouac Soardi (photo), un beau bouquetin mâle que Francis essaie d'apprivoiser avec une barre de céréales (vidéo), sans succès. De l'autre côté du Col du Bouchet (en Italie), il fait meilleur et nous pouvons admirer les sommets de la frontière sous le soleil (photos du Pic Malaure) et brusquement au détour d'un virage, le Mont Viso (3841 m) apparaît dans toute sa majesté (photo). Le sentier se poursuit en balcon et révèle les belles couleurs d'automne des myrtilliers (photo), un dernier coup d'œil sur le Bric Bouchet (photo) et nous plongeons dans la haute vallée de Villanova sur le refuge Jervis. Nous fuyons cet endroit accessible en voiture et bondé (même pas possible de prendre un café). Il est 14h00, il nous reste 600 m de dénivelé à faire pour atteindre notre destination : le refuge de Granero. En chemin nous croisons la gardienne qui nous avertit que le refuge est fermé, mais nous le savions déjà et avions prévu de dormir dans le refuge d'hiver. A 16h00 nous y sommes (photo) et nous nous y installons, il y a juste 4 couchettes (photo) mais il est très confortable (photo).
Voilà pour cette journée un peu particulière.
Données techniques : longueur : 19,6 km, D : 1460 m, D - : 1635 m, temps réalisé : 6h40 mn/OR : VA2017-4-08

 

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L' ami des bêtes et le bouquetin au col du Bouchet (2600m)

 

 

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16 septembre 2017

Étape 70 : Massello - Rifugio Lago Verde : 16 septembre

Posto Tapa 4 étoiles à la Foresteria de Massello hier soir : chauffage dans le dortoir et la salle de bain, repas et petit déjeuner excellents et cerise sur le gâteau : nous avons pu prendre un bain. De plus dès notre arrivée, vers 16h00, la pluie s'est mise à tomber et la neige au dessus de 1800 m, nous mesurons notre chance d'y avoir échappé car nous étions à 2700 m à midi. Ce matin le ciel est bleu et le spectacle est magnifique dès notre sortie de la Foresteria (photo). Le vert de l'été se mélange avec le blanc de l'hiver et le rouge de l'automne, dans une harmonie parfaite (photo). L'enjeu de la matinée c'est d'arriver au village de Prali avant midi pour pouvoir faire les courses pour les 3 jours à venir car nous allons être en altitude sans possibilité de ravitaillement et les refuges gardés ferment le 17 septembre. L'itinéraire emprunte deux petits cols à 1700 m d'altitude (photo de Marco arrivant au 1er puis photo de Gérard dans la descente), entre les deux cols nous traversons le joli village de Rodoretto (photo) puis c'est la découverte de la vallée de Prali (photo) qui marque notre entrée dans le massif du Queyras. Ce soir nous serons tout près de la frontière française au pied du Bric Bouchet, montagne pleine de souvenirs d'enfance pour moi mais nous en reparlerons demain.
Contrat rempli concernant le temps de parcours jusqu'à Prali, nous y arrivons à 11h45 et faisons le plein à l'alimentari : 1 kg de plus dans chaque sac. Le pique-nique sur la place du village au soleil avec les montagnes enneigées au fond est très agréable (photo), les sommets du Queyras (photo) vers lesquels nous nous dirigeons sont bien plâtrés de neige même si elle fond à vue d'œil. A 13h00 nous prenons le chemin de Lago Verde en nous demandant, sans trop d'inquiétude toutefois, à quelle altitude nous allons trouver la neige mais dans un premier temps ce sont de belles centaurées que l'on peut voir (photo). Une montée interrompue rapidement par un appel WhatsApp de Julien et Clara auxquels, miracle de la communication moderne, je peux montrer le paysage merveilleux qui nous entoure. La montée s'effectue d'un bon pas (photo de Francis en pleine action) mais nous laisse quand même le temps d'admirer le magnifique paysage du Queyras enneigé (photo) et de faire une pause (photo). La neige apparaît au bord du sentier vers 2300 m, le vent est froid et les marmottes frigorifiées sont toutes étonnées d'une arrivée aussi précoce (photo). Le rifugio Lago Verde apparaît enfin derrière une butte vers 16h30 (photo) et avec lui nous découvrons le lac Verde et la face Nord du Bric Bouchet (3000 m) enneigé (photo). Des panneaux signalétiques aux noms évocateurs (colle d'Abries, Colle de Valpreyvere) sont plantés au bord du lac (photos) et font brusquement ressurgir des souvenirs du passé (photos) mais le vent très froid me rappelle à la réalité, il faut se mettre à l'abri. Angela, la gardienne du rifugio, nous accueille gentiment et nous montre notre chambre pour cette nuit, le poêle à bois chauffe la pièce principale du refuge où tout le monde se rassemble (photo) et donne une sensation de bien-être.
Voilà pour cette très belle journée marquée par l'arrivée de la neige et notre entrée dans le Queyras. Ce fut aussi une journée très intense que nous nous félicitons d'avoir raccourcie en prolongeant l'étape d'hier.
Données techniques : longueur : 26,1 km, D : 2080 m, D - : 630 m, temps réalisé : 7h22mn/VA2017-4-07 

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15 septembre 2017

Étape 69 : Fenestrelle - Massello : 15 septembre

Très bon accueil à Fenestrelle et prix très compétitifs : 17€ le repas (entrée, primo piatti, secundo piatti, dessert et vin), 5 € le petit déjeuner avec café et tartines à volonté, 7€ la coupe de cheveux vintage. Qui dit mieux ? Bonne nuit au camping mais fraîche et quand nous partons à 7h30 le thermomètre affiche 3 degrés, heureusement le vent a faibli. Peu après le départ, nous traversons le joli village de Laux avec son caniveau central (photo), sa première fontaine (photo), ses compteurs de gaz dans un coffret en bois (photo, désolé pour cette déformation professionnelle) et sa deuxième fontaine (photo) à 3 becs. Puis c'est la longue montée vers le Colle dell Albergian (1541 m de dénivelé). Francis profite de la pause de 10h00 pour jouer au trappeur en allant se tailler un bâton en noisetier (photo) pour remplacer le bâton en carbone cassé mais il l'abandonnera un peu plus haut car trop lourd. Un peu plus loin, nous croisons un troupeau de belles vaches un peu dalmatiennes (photo), et puis apparaissent plusieurs sculptures sur bois très originales dont voici un spécimen (photo), enfin cette maxime montagnarde rigolote, gravée sur une pierre retient notre attention (photo). La suite c'est un effort régulier dans le froid, qui se fait de plus en plus sentir au fur et à mesure que l'on monte, pour se hisser jusqu'au Colle ; des traces de neige au bord du sentier montre qu'elle est tombée il y a peu. Au Colle dell Albergian, l'altimètre affiche 2708 m, deux allemands arrivés avant nous acceptent d'immortaliser notre passage (photo). Au sud -ouest nous découvrons le massif de l'Oisans (photo), tandis qu'au nord la Rocciamelon est visible intégralement pour la 1ère fois (à gauche sur la photo). Nous cassons la croûte à l'abri du vent mais nous ne nous attardons pas car la température avoisine le zéro degré. Peu de choses à dire sur la descente vers Balsiglia si ce n'est une jolie cascade (photo) et des chamois surpris dans l'alpage (photo). Nous passons près du joli village de Balsiglia (photo), lieu initialement prévu pour l'étape mais nous ne nous y arrêtons pas car, comme nous sommes un peu en avance, il vaut mieux aller jusqu'à Massello (2km plus loin) où il y a un Posto Tapa. Cela raccourcira d'autant l'étape de demain assez longue.
Voilà c'est tout pour cette journée un peu froide mais qui c'est quand même bien passée.
Données techniques : longueur : 26,4 km, D : 1585 m, D - : 1600 m, temps réalisé : 6h 56 mn/OR : VA2017-4-06

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14 septembre 2017

Étape 68 : Susa - Fenestrelle : 14 septembre

Hier soir, il a fallu chercher un peu pour trouver les restaurants à Susa, finalement ils étaient tous au même endroit sur la place de la Torre. Nous choisissons la pizzeria Bella Napoli et prenons des pizzas avec de la harissa qui nous laissera un souvenir piquant. Pas de petit déjeuner à l'hôtel ce matin (trop tôt pour le pain et les croissants) mais la patronne nous offre le café (sympa), avec notre réserve de gâteaux ça fera l'affaire. Nous traversons Susa à 7h30 en même temps que ceux qui partent au boulot (photo). Belle église à la sortie de la ville mais la Rocciamelon, à l'arrière-plan, est déjà encapuchonnée de nuages (photo). Ensuite notre chemin passe par le vieux village de Meana de Susa avec ses maisons en pierre et sa belle chapelle et toujours la Rocciamelon dans le fond (photo). Dans cette zone du Piémont, le chemin traverse les vergers et nous pouvons glaner quelques poires et noix pour le dessert du casse-croûte. Mais rapidement les choses sérieuses commencent, une montée par un sentier raide de 1725 m jusqu'au col de la Fenêtre (2174 m). De temps en temps le sentier croise la piste en terre qui y monte également (photo) mais nous ne l'empruntons que très peu ; elle est assez fréquentée par tous types de véhicules, notamment motos. Les jambes sont toujours bonnes et à midi nous sommes au col où il souffle de fortes rafales de vent qui soulèvent la poussière. Nous découvrons un panneau qui célèbre le passage du Tour d'Italie cycliste par ce col en 2005 (photo), ce qui constitue un cas unique d'utilisation d'une piste en terre pour une grande course internationale. C'est en fait une ancienne route militaire appelée "la Strada dell Assietta". Peu après, un adepte de la "petite reine" imite les champions en montant le col avec beaucoup de difficulté mais il y arrive, bravo à lui (photos). Nous mangeons à l'abri du vent sans trop nous attarder car des gouttes tombent et c'est sous un grain que nous commençons la descente vers Fenestrelle. Nous sommes dans le parc naturel Orsiera-Roccia où il y a notamment des loups. Mais Fenestrelle est avant tout une forteresse militaire construite à l'époque de la maison de Savoie par l'ingénieur Ignazio Bertola pour protéger les vallées du Piémont (photo du panneau signalétique). C'est une véritable "muraille de Chine" courant le long de la montagne (photo vue d'en haut, photo vue d'en bas et photo vue de nuit). Nous arrivons vers 16h00 à Fenestrelle (photo) qui arbore le drapeau italien mais aussi la croix occitane (photo). Ce soir nous dormirons sous la tente car il y a un camping à Fenestrelle. Avant de diner à la Tratoria, nous faisons les courses pour demain et Gérard se fait faire une beauté chez la coiffeuse (photo) pour accueillir Anne-Marie la semaine prochaine.
Voilà pour cette journée ventée où nous avons aussi retrouvé un peu de pluie.
Données techniques : longueur : 22,1 km, D : 1815 m, D - : 1135 m, temps réalisé : 6h39mn/OR: VA2017-4-05 
PS : vous l'avez remarqué nous sommes un peu joueurs, aussi nous glissons parfois quelques erreurs "volontaires" dans le texte pour voir si vous suivez. Ainsi hier nous avons appelé cette fleur bleue (photo) du lin alors que c'était bien sûr de la Chicorée ce qui n'a pas échappé à la vigilance de Marianne.

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13 septembre 2017

Étape 67 : Reguge Vulpot - Susa : 13 septembre

Nuit fraîche même dans le refuge mais ce matin le vent s'est calmé. Nous partons à 7h30 car l'étape n'est pas très longue. La montagne du jour c'est la Rocciamelon ou Rochemelon (photo au lever du jour avec le lac en premier plan), magnifique sommet de 3538 m très réputé car visible de loin, facile d'accès et offrant un panorama extraordinaire. Le premier à l'avoir gravi est Bonifacius Rotarius (d'Asti) en 1358 ce qui constitue le record le plus ancien enregistré pour une ascension montagneuse. Il y déposa une représentation de la vierge en signe de gratitude pour avoir survécu aux croisades. En 1889 une statue de la vierge de 3 m a été élevée au sommet ce qui donne lieu à un pèlerinage annuel le 5 août. Pour ce qui nous concerne l'objectif du jour est le Col de Croce di Fero que nous gravissons après avoir fait le tour du lac (photo) et non sans admirer les derniers rhododendrons en fleur (photo). La montagne, elle, a changé de couleur, ce n'est plus le vert de l'Autriche et de la Suisse, ce sont plutôt des nuances de jaunes avec des affleurements schisteux gris (photo) et puis par endroit le rouge et l'ocre de l'automne commencent à apparaître (photo). Au sommet de la Croce di Fero (2543 m) on découvre l'autre versant (photo) et en particulier le mont Viso (photo). Un peu en dessous du col le refuge Campana Social (photo) ferme mais le vieux gardien, un peu rustre, mais gentil nous fait quand même un café. Dans la descente la vallée de Suse est maintenant bien visible (photo) avec au loin la France. Je guette au fur et à mesure que l'on avance la connexion internet pour publier le blog d'hier car je sens une certaine impatience de certains ou plutôt certaines, finalement je vais pouvoir le faire en plusieurs fois tout en marchant, une première à ne pas renouveler toutefois. Dans les alpages l'ami des bêtes (Francis) est toujours là pour câliner les animaux de rencontre (photo). En fait cette longue descente emprunte le sentiero de lo Partigiani au bord duquel on trouve des centaurées (photo), des fontaines pour se désaltérer (photo), du lin (photo) et où on commence à sentir les premières odeurs de lavande. Puis nous arrivons à Suse et cherchons un gîte et un couvert pour ce soir, ce sera l'hôtel Susa et la pizzeria Bella Napolita.
Voilà pour cette journée près du Rochemelon.
Données techniques : longueur : 22,8 km, D : 860 m, D - : 2150 m, temps réalisé : 6h17 mn/ OR: VA2017-4-04

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Étape 66 : Balme - Refuge Vulpot : 12 septembre

Hier soir congrès de glaciologues à l'auberge des Montagnards, ils étaient une vingtaine, venus de différents pays, les débats risquent d'être âpres au vu de ce que nous avons entendu pendant le repas. Ce matin petit déjeuner à 6h30, notre aubergiste a tenu à se lever pour nous servir afin que nous partions dans de bonnes conditions, sympa, nous garderons un bon souvenir de ce passage à Balme. La reprise se fait sans difficulté y compris pour Francis, le convalescent. Le programme est copieux : 3 cols, une descente raide sur le village d'Ussiglio puis 500m de montée au lac de Malcaussia. Le chemin monte dès le départ mais nous trouvons rapidement notre rythme, au détour d'un sentier une vache apparaît dans les arbustes (photo), puis c'est le lac de Paschiet (photo) que l'on découvre alors qu'un vent froid se lève. C'est par là que Francis casse l'un de ses bâtons en carbone, c'est décidément une malédiction pour ce type de bâton puisque celui de Marco avait subi le même sort en début de traversée (cf étape 9), ce qui fait dire aux 2 autres protagonistes équipés de bâtons en alu : "bâton léger, bâton cassé". Peu avant le col un bivouac en bois (Gino Gandolfo) a été installé (photo), à l'intérieur c'est du confort 3 étoiles pour un bivouac (photo), c'est un site à retenir pour ceux qui programment une rando dans le secteur. Au Passo Paschiet (2435 m), il fait froid, on ne s'attarde pas sauf pour faire la photo traditionnelle (photo), une petite descente et c'est déjà la remontée vers le col di Costa Fiorita (2465 m) où il fait meilleur (photos), le dernier col, le colle Teina se prend sur l'itinéraire de descente (photos). Le ciel est complètement dégagé et d'un beau bleu. A la moitié de la descente nous trouvons un coin abrité du vent pour casser la croûte, la montagne en face est belle et nous donne une sensation de sérénité (photo). La descente sur Ussiglio est raide mais rapide, nous prenons un café à l'hôtel Grand d'Ussiglio, désert comme d'ailleurs le village. Pour la remontée vers le lac de Malcaussia 2 options se présentent : soit suivre la route, c'est ce que prévoit notre tracé, soit emprunter la voie Decauville qui traverse la montagne à l'horizontal à 1800m d'altitude jusqu'au lac. Cette voie doit son nom à un ingénieur français qui a créé cette voie ferrée étroite pour acheminer le minerai dans la vallée en utilisant en bout de ligne un funiculaire (photo de la conduite forcée qui emprunte son cheminement). Il en existe une semblable dans l'Ariège (sous le pic du Coucou). Nous optons pour la 2ème solution car même si elle est plus longue, nous préférons une montée franche puis un sentier horizontal plutôt qu'une montée plus accidentée et surtout le passage par un sentier balcon est plus joli que le suivi de la route. On peut voir les rails qui affleurent sur ce sentier qu'empruntent Marco et Gérard (photo), puis de façon plus nette sur la fin du parcours (photo) où l'on va avoir besoin de la lampe frontale pour passer dans le tunnel de 350 m (photo) qui va nous conduire au lac (photo). Sur le chemin une belle Cyste (photo) se laisse admirer puis c'est l'arrivée au refuge Vulpot (photo) où nous allons dormir car il fait trop froid dehors du fait du vent.
Voilà pour cette belle mais longue journée.
Données techniques : longueur : 25,3 km, D : 1793 m, D - : 1472 m, temps réalisé : 8h05 mn/codeOR: VA2017-4-03 (voir commentaire1)

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11 septembre 2017

Repos numéro 8 à Balme : le 11 Septembre

Balme ou Barmes est une petite commune de 97 habitants au bout de la vallée d'Ala di Stura. C'est une commune franco- provencale : langue romane appelée aussi Arpitan ayant des traits communs avec l'Occitan, parlée sur un territoire couvrant une partie de l'Italie, de la France et de la Suisse. Elle a donné naissance au célèbre guide italien Antonio Castagneti dit "Tonio dei Tuffi" auteur de 46 "premières" aux temps héroïques et mort sur un glacier du Mont Blanc en 1890, le musée des guides de Balme lui est dédié. La vallée est dominée par l'Uja di La Bessanese (3592 m) (photo) situé sur la frontière.
Une journée de repos qui a vu le retour du beau temps ce qui nous a permis de laver nos affaires, de les faire sécher et de faire quelques réparations : mes chaussures notamment dont le pare-pierre a tendance à se décoller. Malheureusement le magasin de sport est fermé ce qui ne me permet pas de changer la pointe cassée d'un de mes bâtons. Petite promenade en sandales et courses en fin de matinée : Gérard câline un beau chat (photo), Francis s'est trouvé un bonnet pour se protéger du froid (photo) et les bancs de la ville personnalisés (photo) sont mis à l'épreuve (photo) comme à chaque étape de repos. Le vieux village avec son église (photo) a sa propre personnalité avec ses maisons traditionnelles (photo), des sculptures sur bois originales (photo) et des toits caractéristiques en lauze (photo), tandis qu'en bas on trouve des maisons plus récentes et les activités de loisirs.
Les autres activités de cette journée sont la préparation du ravitaillement pour les étapes à venir et la vérification de l'ouverture ou non des refuges car le mois de Septembre est un mois de fin de saison. Nous apprenons ainsi que tous les refuges du secteur du Mont Viso où nous allons passer ferment le 17 septembre.
Venons en maintenant aux points divers :
- des fidèles commentateurs (on va faire un challenge mais Antichan est très bien placé), de nouveaux venus et même des revenants, tout cela nous réjouit et nous redonne la "pêche" après une longue journée de marche. Merci à tous
- Un concombre masqué qui revient en force après des vacances mouvementées et qui se croit encore non découvert. Cela fait bien longtemps que nous savons qui se cache derrière son masque et que nous avons identifié sa connivence pour ne pas dire plus avec Gai Luron. Nous ne dévoilons rien simplement pour garder le suspens. Pas étonnant qu'ils ne soient pas en odeur de sainteté avec Dieu. Rendons lui grâce tout de même de son initiative généreuse pour nous "remplumer" à l'arrivée à Menton; une simple remarque : évitez de mettre des concombres dans vos colis, c'est tout à fait inopérant en terme de remplumage, d'ailleurs on se demande à quoi ça sert ?
- Pour vos confitures de fin d'été nous vous conseillons de faire un petit tour entre le lac de Trione et le col du même nom, Marco a laissé quelques framboises et il y a aussi des myrtilles mais faites vite car le froid arrive
Bilan technique des 65 premières étapes (et 8 jours de repos) : longueur : 1604 km, D : 88822 m, D- : 87533 m, temps réalisé : 471 heures et 58 mn, nombre de visites sur le blog : 4462. A noter que la dernière section (depuis le dernier jour de repos à Rima) se confirme comme étant la plus ardue : 1612m de D par jour contre 1367 m en moyenne depuis le début, 1600 m de D - contre 1347 m en moy, 24,8 km de longueur contre 24,7 km en moy.
A demain pour de nouvelles aventures sur la VA

Posté par TRANSPYR2016 à 16:56 - Commentaires [5] - Permalien [#]